Carnet de voyage

Une période un peu particulière


Que se passe-t-il?

Je ne pensais pas écrire un article sur ces moments un peu difficiles que nous vivons tous en ce moment. Pour tout dire, je ne pensais pas vivre un jour un moment comme celui-ci, comme nous pouvons voir dans les films catastrophes.

Nous pensons toujours que c’est de la science-fiction, ou alors que cela n’arrive qu’aux autres. Certains rêvent de vivre ces choses là car ils rêvent d’être le héros de quelqu’un ou d’une société. Seulement, la réalité est toute autre. Et surtout, il est beaucoup plus difficile de se dire que tout ceci pourrait être évité, ou tout du moins retardé de dizaines, centaines ou milliers d’années. De quoi je vous parle, allez vous me demander ? Laissez-moi vous expliquer comment je vis ces moments, mon état d’esprit, et ce que je pense de tout ça. Je vais essayer de vous expliquer mon point de vue de manière concise, bien qu’il soit extrêmement difficile de faire court sur un sujet tel que celui-ci.



Une situation inédite à encaisser


Nous sommes partis de France il y a maintenant plus de 2 ans, et nous essayons de sortir de tout système car nous n’y croyons plus…ou peut-être n’y avons nous jamais cru. Cependant, nous gardons bien sûr un œil sur tout ce qui se passe dans le monde. Nous cherchons à analyser, comprendre, décrypter les signes de ce qui nous entoure. Pourquoi je vous dis ça ?

Tout simplement pour vous dire que ce petit virus parti de Chine, dont beaucoup ont sous-estimé et sous-estime toujours son pouvoir, nous l’avons à l’œil depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Alors, dans le fond, cela ne change absolument rien au problème. Le résultat est le même pour tous.

À une chose près : la plupart des personnes se sont dites surprises des mesures prises, et n’étaient donc pas, psychologiquement préparées à ce qui arrive aujourd’hui. Et même pour aller plus loin, même quand nos voisins européens subissent la foudre de ce petit virus de rien du tout, comme dirait beaucoup de monde, ou cette petite “gripounette”, nous pensions encore être plus forts que tout le monde et que nous allions vivre un nouveau Tchernobyl ….. et oui, nous avons de la chance, tout s’arrête aux frontières de notre cher pays, et par expansion, quand nous vivons à l’étranger, cette frontière imaginaire nous suit bien heureusement pour nous protéger.

Vous l’aurez bien compris, au-delà de mon sarcasme qui peut paraître bien médisant, je pousse un coup de gueule du plus profond de mon âme. J’en appelle au manque d’humanité à laquelle nous pouvons assister aujourd’hui, bien que nous n’ayons jamais entendu autant d’appel à la pseudo-solidarité…Pensons à nos prochains, mais laissez-moi vivre ma vie comme je l’entend, sortir si je le désire, ne pas prendre soin de ma planète car cela demande trop d’effort.

De plus, si on regarde autour de nous, je veux dire au-delà de notre petite personne, de notre ville, de notre pays. Si nous regardons la Terre, notre planète, depuis plusieurs semaines, mois, années, elle crie au secours. Catastrophes naturelles de toutes sortes, incendies, tempêtes, Calimas, volcans et autres réactions naturelles, aujourd’hui ce virus, d’où qu’il vienne, aujourd’hui nous ne nous poserons pas la question, car cela ne va pas changer le reste de ma réflexion, tout ceci aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, non ?

Alors, nous ne sommes pas plus forts que les autres, nous faisons nos erreurs. Par contre, nous essayons de rectifier le tir quand il en est encore possible, nous essayons d’aider un maximum, et surtout, nous essayons d’observer, d’analyser et d’agir.


Que faisons-nous alors?


Je reviens donc à ce que je disais au début de mon article, c’est que en ce qui nous concerne, nous n’avons pas été surpris. Notre unique surprise a été la date de confinement annoncée… nous nous attendions à la fermeture des écoles une journée plus tard.

Les écoles ont fermé le jeudi soir ici en Espagne et nous nous étions préparés pour le vendredi. Je disais déjà depuis un moment à Julien de faire attention quand il allait au marché; et oui, n’oublions pas que nous vivons sur une île et que nous avons énormément de touristes, ce sont d’ailleurs eux qui font vivre notre île de Ténérife, et toutes les Canaries.

J’ai eu, je pense, comme un pressentiment. Des personnes se sont empressées de me dire, me conseiller de ne pas avoir peur. Que le monde nous monte la tête pour nous faire peur, que ça n’est rien, que c’est pour faire de nous des moutons. Ils vont profiter pour faire passer des choses dans notre dos car nous allons être occupés ailleurs, avec cette petite grippette. Et oui, si on n’y pense pas, si on l’ignore même, paraîtrait que nous ne sommes pas touchés par cette crise mondiale ; ce qui me fait fortement penser au déni de grossesse par exemple, c’est efficace hein ?

Alors, je vais dire une bonne fois pour toute notre façon de voir les choses et de faire. En aucun cas, nous n’avons une peur démesurée, pas au point d’être obnubilé par ça, de ne pouvoir penser à autre chose ou encore pire, au point de ne plus pouvoir réfléchir sur ce qui se passe.

Par contre, l’ignorer est un comportement tout aussi risqué, voir plus. Il faut, je pense, savoir prendre du recul, mais ceci sur la vie en règle générale. Que se passe-t-il actuellement? Nous avons un virus qui se propage dans le monde entier, et qui n’est pas une grippette. Non, il s’agit d’un autre virus. Certains vont profiter de ces crises pour faire passer des choses, des lois, des messages négatifs. Sincèrement, on ne peut pas faire grand chose, mise à part se tenir informés, c’est déjà un bon début me semble-t-il.

Ensuite, il y a du monde qui se pose la question sur l’origine de ce virus. Alors, je ne vous dirai pas le fond de ma pensée, j’ai mon idée sur ça, comme tout le monde. Mais sincèrement, aujourd’hui, entre vous et moi, bien confinés au chaud dans notre maison (ce qui n’est malheureusement pas le cas de tout le monde), est-ce le plus important ? Ce que je veux dire, c’est que quand je vois les gens continuer de sortir, de profiter de la vie car quand même, “ils ne vont pas s’empêcher de vivre pour un petit virus”, autant continuer de le faire voyager (oui, car en plus certains n’ont pas compris encore qu’ils peuvent être porteurs sains, ou alors qu’il n’y a pas que les personnes âgées qui sont à risques, mais certains jeunes, adultes ou enfants avec des soucis de santé qui ne sautent pas aux yeux mais qu’il faut protéger!!!!!!!). Certains se rendent compte juste qu’ils ont peut-être envie de rentrer chez eux, qu’ils veulent retrouver leur famille, car il est certain que ça nous tombe dessus sans prévenir, il y a encore une semaine, on n’avait encore jamais entendu parlé de ce petit virus.

Alors, oui, je confirme, je pousse un coup de gueule. Mais je travaille beaucoup sur les réseaux sociaux et je lis beaucoup de choses sur ceux ci, et je n’en peux plus de l’égoïsme des gens ! Regardez ce monde qui se regroupe encore dans les aéroports, comme à Ténérife Sud, ou en France, où les français se retrouvent au marché car quand même, on peut pas se passer de son petit tour quotidien pour ses produit frais et sa petite baguette, ni de sa balade dans les parcs. Pourquoi garder pour soi ses virus alors que nous pouvons partager ? C’est tellement plus drôle d’encombrer les services d’urgence et ensuite venir pleurer car il y aura tellement de monde qu’il faudra choisir qui a le droit de vivre ou de mourir ? Et après on dit que heureusement que le personnel soignant est là, et les hôtesses de caisse, mais on va tous ensemble aux courses, et le plus souvent possible pour leur donner plus de travail ! Sans rire ! Ah oui, et le plus drôle, c’est que les gens se plaignent ensuite car la police est obligée de surveiller, de mettre des amendes. Alors bien sûr, c’est compliqué de voir que là encore, on est surveillé, là encore, ils vont se faire du fric…. mais bordel, respectez les gens, respectez ceux qui respectent, ceux qui n’ont pas d’autres choix que de sortir pour travailler, respectez ceux qui ont de la famille qui sont touchés par cette maladie et qui doivent vous lire les larmes aux yeux car vous n’avez encore rien compris.

Je lis aussi beaucoup de choses sur le fait que le confinement ne sert à rien, que dans certains pays ils ont peu de morts sans confinement et je ne sais quoi d’autres. Alors, oui, c’est complètement vrai. Et si vous saviez combien je rêverai que ça soit la même chose dans tous les pays du monde, de pouvoir retrouver ma liberté après laquelle je cours chaque jour de ma vie. Seulement il me semble qu’il est tout simplement trop tard pour ça, que nous nous sommes réveillés trop tard pour ça et que nous nous en sommes pas donnés les moyens. Alors, pour le moment, acceptons notre destinée, et que cela nous serve de leçon pour l’avenir, car je reste persuadée que nous vivrons d’autres catastrophes dans notre futur.

Aujourd’hui, nous avons, quelque part la chance de pouvoir combattre ça en restant tranquillement chez soi, à travailler de chez soi pour ceux qui peuvent, à profiter des nôtres. On m’a même dit qu’internet éloignait les gens…..autant d’habitude je pourrai être d’accord en partie, mais alors, à toutes ces personnes qui le pensent, pourquoi vous ne vous coupez pas d’internet aujourd’hui ? C’est vrai, c’est pas comme si internet nous donnait la possibilité, dans de telles circonstances de rester connectés, de prendre et d’avoir des nouvelles de nos proches, de nous appeler en visio pour se rapprocher un peu plus, au lieu de devenir fou, seul chez nous !

Alors, je vais pas vous mentir, nous attendons une seule chose, c’est sortir, prendre l’air frais, profiter de notre nature, des gens, prendre l’apéro entre amis. Mais en attendant, si nous voulons être un maximum à avoir cette chance, alors, restez chez vous, ce n’est pas si compliqué ! Réapprenez à connaitre votre famille, à vous détendre, je vous jure, ça fait un bien fou !

Nous, en tout cas, nous en profitons pour nous reposer, travailler, profiter des filles, faire des activités, nous détendre, et être au top de notre forme pour notre sortie !



La Terre, notre maison !


Comment vivions-nous avant ?


Nous vivons tous les 5 au jour le jour. Ce que je veux dire par là ?

Nous ne faisons pas de réserve, j’achète au fur et à mesure, de nos envies, de ce que nous trouvons. Selon si nous pouvons aller au marché, ou chez le producteur directement. Je ne suis pas parfaite, loin de là. Ayant encore un rythme de vie assez intense professionnellement parlant, nous courons beaucoup et il m’arrive de faire mes courses au plus rapide et plus simple pour moi, c’est-à-dire d’aller dans cette bonne vieille et grosse machine qui est le supermarché. Et à chaque fois, je me dis que c’est la dernière fois, que je vais m’organiser autrement, et je réajuste ma manière de faire. Je me rends compte de tout ça, je ne prend plus de plastique, mais je fais des erreurs, comme tout le monde. Chaque jour je fais des progrès. Et croyez-moi, après aujourd’hui, j’en ferai encore plus car la nature en a marre d’appeler à l’aide et passe à l’action, et elle a bien raison.

Nous avons fait des progrès, comme je vous l’ai déjà dit. Vous savez, quand nous étions en France, la tête en plein dans le guidon, dans le système jusqu’au cou, sans avoir le temps de réfléchir à quoique ce soit, nous vivions dans une grande maison, remplie de choses toutes aussi inutiles les unes que les autres. Nous faisions des réserves de tout, juste parce que nous trouvions des super promos, donc on avait l’impression de faire de supers affaires, et on achetait. Pas forcément du superflu, mais pas forcément nécessaires non plus.

Julien travaillait énormément. On se voyait peu. Il gagnait bien sa vie du coup. Mais on ne voyait jamais le fruit de son travail. Nous ne comprenions pas mais on continuait, tête baissée. Aujourd’hui, nous comprenons pourquoi. Nous avons sorti la tête de l’eau, nous nous sommes éduqués à certaines choses, nous essayons de sortir de la “Rat Race” (seulement quelques personnes sûrement comprendront ceci, mais je laisse le choix aux gens de s’informer ou pas s’ils le désirent).

Enfin bref, petit à petit, nous avons pris conscience des choses. Des choses les plus simples, du but de la vie en général (ok, ça, c’est venu surtout avec les voyages), de la fragilité de notre planète et du respect que nous lui devons. Et que tout ceci passe par notre quotidien à tous, par notre manière de vivre, que nous avons tous, je dis bien Tous notre rôle à jouer. C’est alors que nous avons commencé à diminuer nos déchets, à faire les choses nous-mêmes. Et c’est le début de notre véritable évolution.

Quand nous avons eu l’opportunité de partir de France, ça a été pour nous la chance de notre vie. D’aller plus profondément au fond des choses, de vivre Notre vie à nous. Quel est le rapport me direz-vous ? Tout simplement, nous vivions une vie qui n’était pas la notre. Nous faisions des efforts comme je vous le disais mais il nous manquait encore un gros déclic.

Et ce déclic, nous l’avons eu avec notre départ. Mais, encore une fois, il n’y a pas que ça. Je ne dis pas aux gens de partir de France pour avoir ce déclic et agir, et heureusement. C’est ce dont nous, nous avions besoin. Et suite à notre expatriation, il s’en est suivi une grosse, énorme prise de conscience générale, dont je vous parlerai dans mon livre que je suis en train d’écrire (un peu de patience s’il vous plait).

Pour résumé, nous avons donc arrêté de faire le tour des magasins pour chercher les grosses promos (j’exagère mais c’est pour donner une image de ce qui se passe souvent) et nous avons emprunté un nouveau chemin, celui de la recherche du minimalisme, ou comment acheter seulement ce dont nous avons besoin et arrêter de s’encombrer de choses superflues. Ce chemin, nous y sommes encore, et il nous mène chaque jour avec le plus grand bonheur vers de nouvelles quêtes dont vous verrez le résultat dans quelques mois et années.

Aujourd’hui, encore plus qu’avant, nous privilégions la famille, la nature, la simplicité et la vie. C’est la seule et unique chose qui nous fait avancer.

Alors, quand nous vivons des moments aussi difficiles qu’aujourd’hui, nous avons au moins la chance d’avoir le recul et la réflexion pour tenir le coup et comprendre ce que la nature veut peut-être nous faire comprendre.


Allons-nous tirer des leçons de tout ça ?


Je pense que vous l’aurez bien compris, il est hors de question pour nous de nous morfondre aujourd’hui parce que nous sommes enfermés. On nous a privés de nos libertés fondamentales, telles que celle de circuler librement, mais au fond, ne serait-ce pas nous qui nous sommes privés nous-mêmes de nos libertés, en vivant égoïstement ? Je sais que pas mal de nos lecteurs diront que non, pas nous, on fait attention…car j’ai confiance en vous, je sais que vous faites attention, comme nous, nous le faisons. Mais est-ce suffisant ?

Ne faudrait-il pas, pour aider la nature à reprendre ses droits, réellement sortir une bonne fois pour toute de notre zone de confort et arrêter de vouloir dominer la nature, mais au contraire, vivre la nature ?! Arrêter de se servir de l’économie pour dire que ça n’est pas possible, et se contenter de peu de choses, mais de qualité ? Avons-nous vraiment besoin de tout ce que nous avons ? Oui cette crise mondiale va avoir de sérieuses répercutions. Les gens ont peur de perdre beaucoup de choses, car avec moins ou plus de salaires, il va falloir payer le loyer, les charges, la nourriture. C’est alors là qu’il faut se poser les bonnes questions. Et je vous rassure, actuellement, nous aussi nous sommes comme vous, nous avons un loyer à payer, 3 enfants à nourrir. Si on dit aux gens de se contenter de moins, ils ne se voient pas dans des logements plus petits. Si on leur dit de profiter de leur famille, ils diront qu’ils doivent travailler pour payer les jouets de leurs bambins ! Si on leur dit de cultiver leur jardin, ils diront qu’ils n’ont pas le temps car ils doivent travailler pour se payer à manger….ne prenons-nous pas les choses à l’envers?

Et s’il suffisait de se poser un moment et de réfléchir au sens de la vie, à la quête du bonheur. N’est-il pas dans les moments en toute simplicité passés en famille ? Ne serait-il pas judicieux de sortir du cercle vicieux, je bosse pour payer une grande maison, pleins de jouets pour ne pas que mes enfants s’ennuient car je n’ai pas le temps de jouer avec eux, pour payer de la bonne bouffe industrialisée car je n’ai pas le temps de faire le tour des petits producteurs, et je n’ai plus le temps de tout ça car je travaille pour pouvoir me payer tout ça…. vous me suivez là ? Nous nous sommes enfermés dans ce cercle et nous n’arrivons plus à en sortir.

Mais alors, posons-nous tous un instant et observons ce qui se passe à l’extérieur. Ouvrez vos fenêtres, même en ville, surtout en ville, et écoutez. N’entendez-vous pas de nouveau les oiseaux ? Les eaux retrouvent des couleurs et une clarté qu’elles n’ont pas connue depuis….on ne sait même plus depuis quand ! La nature reprend ses droits, et on voit qu’elle respire enfin ! Elle est tellement belle, notre planète, surtout quand on la laisse s’exprimer ! Et tout ceci en quelques semaines, à peine. La Terre, notre Terre reprend enfin son souffle !!!! Il est donc possible de réparer un minimum nos efforts. Si en quelques jours on voit déjà des changements, cela devrait nous booster, nous donner un bon coup de pied au cul pour nous dire que c’est possible, qu’il s’agit d’un effort collectif autant qu’individuel. Tout le monde peut y participer. Mais il nous faut ouvrir nos esprits et accepter de nous rendre compte que nous allons devoir donner de notre personne pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.


Il va y avoir un avant et après Coronavirus. J’ai espoir que les gens réagissent, même si quelque part, je pense que ça ne sera pas suffisant et que nous allons vivre d’autres moments difficiles pour nous rappeler à l’ordre.

Maintenant, prenez ce confinement mondial comme une chance, une chance de vous retrouver, en famille et de profiter d’elle, mais aussi de vous retrouver vous-même. Faites votre introspection, apprenez à prendre votre temps, à cuisiner, à jouer, à faire un peu de sport, à profiter de vos proches, à méditer, à lire, et peut-être voir comment on peut vivre en harmonie avec la Nature.

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